Critique Rock Une

Matmatah en-dro (Matmatah de retour)

La mode est au comeback des groupes qui ont fait le bonheur des scènes dans les années 90 et au début des années 2000. Après, entre autres, Louise Attaque ou encore Dionysos, c’est au tour du plus breton des groupes de rock français de faire son retour… Après 10 années d’absence, Matmatah a effectivement sorti, au début du mois de mars, son cinquième album studio, intitulé « Plates coutures« . Les amoureux du très bretonnant premier opus « La Ouache » seront déçus car on est à mille lieues des accords fleurant bon le biniou. Ici, place à du rock aux accents très anglo-saxons qui fleurent bon les seventies. Les guitares sont électriques, le rythme est entêtant.

Mais que penser de ce cinquième album ? Tout d’abord, ça fait du bien de retrouver la voix si particulière de Tristant Nihouarn, le charismatique chanteur du groupe. On est aussi loin de « Rebelote« , le deuxième opus plutôt festif. Côté texte, on est loin des débuts du groupe. Matmatah a des choses à dire et il n’hésite pas à les dire au fil des onze chansons de l’album. Le premier single, « Marée Haute » annonçait la couleur. Un titre sorti au début de l’année, en pleine campagne présidentielle française et qui faisait largement écho aux affaires qui ont égratigné certains candidats. Impossible de ne pas penser aux mésaventures de Sarko ou de Fillon en écoutant le single.

Parmi les titres qui font mouche, épinglons tout d’abord une petite perle folk tout en douceur : « Peshmerga » qui rend hommage aux femmes du Kurdistan qui combattent l’État islamique. Un titre qui donne véritablement la chair de poule tant il sonne juste. Dans un registre plus rock, nous apprécions « Petite Frappe » qui renvoie aux actes iconoclastes des islamistes, « Nous y sommes » qui est une sorte d’état des lieux peu réjouissant de notre société ou encore le très festif et limite punk-rock « Retour à la normale » qui peut s’apparenter au manifeste de cet album du retour. Par contre, on aime ou pas le très aérien et expérimental « Toboggan » sur lequel on retrouve le saxophoniste du groupe Morphine Dana Colley.

En conclusion, avec « Plates coutures« , Matmatah signe un retour gagnant. Les onze titres sont accrocheurs, passant sans transition du folk au rock. Les textes sont engagés, tantôt mélancoliques, tantôt vindicatifs. L’ensemble est homogène et les mélodies restent bien en tête. C’est clairement une des belles surprises de ce printemps 2017 qui sera à découvrir lors des festivals d’été.

Et pour le plaisir, voici « Lésine pas « , le dernier clip extrait de « Plates coutures » : 

 

 

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